Parlons-en autrement

Ep 200 : Détresse liée au crises collectives – climatique, sociale et écologique avec Éco-Motion – Éco-Anxiété

Quand l’état du monde devient lourd à porter

Tu ouvres ton téléphone « juste deux minutes ».

Une nouvelle sur les changements climatiques. Une autre sur un conflit. Une décision politique qui te décourage. Des images d’une catastrophe naturelle.

Et te voilà, 45 minutes plus tard, avec un mélange d’anxiété, de colère, de tristesse et d’impuissance.

Dans cet épisode de Parlons-en Autrement, Charlie-Maud reçoit Amélie Gauthier, doctorante en psychoéducation et membre de l’équipe d’Éco-Motion, pour parler de la détresse liée aux crises collectives, qu’elles soient climatiques, écologiques, sociales ou politiques.

Et surtout, d’une question pas si simple : comment rester sensible à ce qui se passe dans le monde sans avoir l’impression de devoir porter le monde au complet?

Quand plusieurs crises s’entremêlent

Amélie introduit dans l’épisode le concept de polycrise : les différentes crises que nous traversons ne sont pas indépendantes les unes des autres.

Les enjeux climatiques, sociaux, économiques et politiques s’influencent et peuvent s’amplifier mutuellement.

Et contrairement à une crise ponctuelle avec un début et une fin, on vit avec la conscience que plusieurs de ces enjeux vont continuer à évoluer.

Pas étonnant que ça puisse devenir lourd.

Être bouleversé.e ne veut pas dire que quelque chose cloche

Ressentir de la peur, de la colère, de la tristesse ou de l’impuissance devant l’état du monde peut être une réponse cohérente à une réalité préoccupante.

L’enjeu apparaît davantage lorsque cette détresse commence à envahir le quotidien.

Quand tu passes énormément de temps à chercher LE choix parfaitement écologique.

Quand les comportements de tes proches deviennent difficiles à tolérer.

Quand chaque nouvelle te suit pendant des heures.

Ou lorsque l’impuissance commence à ressembler à : « À quoi bon? »

L’objectif n’est donc pas nécessairement de faire disparaître ces émotions, mais de trouver une façon de leur faire une place sans qu’elles prennent toute la place.

Faire le deuil de ce qu’on imaginait

L’épisode aborde aussi le deuil écologique.

Parce que prendre conscience des crises actuelles peut nous confronter à des pertes bien réelles : certains milieux naturels, un sentiment de sécurité, mais aussi une certaine vision de l’avenir.

Ça peut même influencer notre façon d’imaginer une carrière, un lieu de vie ou le fait d’avoir des enfants.

Et contrairement à d’autres deuils, il existe encore peu d’espaces collectifs pour reconnaître celui-là.

On peut même se retrouver à devoir justifier pourquoi on est bouleversé.e avant de pouvoir parler de ce qu’on ressent.

Entre agir, ressentir et décrocher un peu

Alors, qu’est-ce qu’on fait avec tout ça?

Amélie propose de naviguer entre trois mouvements :

  • Agir, d’une façon qui correspond à nos valeurs et à nos capacités.
  • Faire de la place à nos émotions, plutôt que de constamment essayer de les contourner.
  • S’éloigner temporairement, pour continuer à vivre, rire, voir des proches et penser à complètement autre chose.

Parce qu’on ne peut pas être engagé.e dans les crises collectives 24 heures sur 24.

Et aller bruncher avec tes ami.e.s pendant qu’il se passe des choses difficiles dans le monde ne signifie pas que tu t’en fous.

Ces moments peuvent aussi te permettre de retrouver l’énergie nécessaire pour continuer à être présent.e à ce qui compte pour toi.

Tu n’as pas à tout porter

Les crises dont on parle sont collectives et systémiques.

Leur résolution ne peut donc pas reposer sur une accumulation de choix individuels parfaitement exécutés.

Ta contribution n’a pas besoin d’être maximale pour être significative.

Elle peut se trouver dans ton travail, ton implication communautaire, ton rapport à l’environnement, les liens que tu crées ou une cause qui te tient particulièrement à cœur.

Et elle peut changer selon les saisons de ta vie.

Cultiver un espoir lucide

Finalement, l’épisode propose une idée qu’on aime particulièrement : celle de l’espoir lucide.

Pas le « tout va bien aller » qui nous demande de détourner les yeux de ce qui nous inquiète.

Plutôt un espoir capable de coexister avec la réalité.

On peut reconnaître que certaines choses sont profondément préoccupantes et continuer à se demander :

Avec ce que je sais, qu’est-ce que j’ai envie de nourrir autour de moi?

Peut-être que l’objectif n’est pas de devenir indifférent.e à l’état du monde.

C’est de pouvoir être touché.e, ressentir, agir quand on le peut… puis se permettre aussi de déposer le poids.

Parce qu’être profondément concerné.e par le monde ne veut pas dire devoir le porter sur tes épaules.

🎧 Écoute l’épisode ici : Détresse liée aux crises collectives : climatique, sociale et écologique avec Éco-Motion sur Parlons-en Autrement.

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