Tu prends ton téléphone pour regarder la météo.
Tu vois une notification.
Tu réponds.
Instagram est juste là, alors tu l’ouvres « deux secondes ».
Vingt minutes plus tard, tu déposes ton téléphone et tu te demandes :
« Attends… pourquoi je l’avais pris déjà? »
Ça te dit quelque chose?
Si oui, ce n’est pas nécessairement parce que tu manques de volonté.
Dans un épisode de Parlons-en Autrement, Charlie-Maud reçoit Sophie Germain-Lacroix, ergothérapeute en santé mentale, pour réfléchir à notre relation avec cet objet qui nous sert à travailler, texter, prendre des photos, écouter des podcasts, regarder la météo, nous divertir et, occasionnellement, oublier pourquoi on l’avait ouvert.
Et si, au lieu de commencer par essayer d’être moins sur notre téléphone, on commençait par comprendre pourquoi on le prend autant?
Avant de réduire ton temps d’écran, observe-le
Quand on veut modifier une habitude, on veut souvent passer directement à l’action. Supprimer les applications. Installer des limites. Se donner un maximum de temps d’écran.
Mais Sophie propose de commencer ailleurs : observer avec curiosité, sans jugement.
Pendant un moment précis de ta journée, remarque chaque fois que tu prends ton téléphone.
Pourquoi l’as-tu pris?
Pour répondre à un message?
Regarder l’heure?
Te distraire?
Parce que tu t’ennuies?
Parce que tu viens de vivre quelque chose d’inconfortable?
Parce que tu es complètement vidé.e et que scroller est littéralement la seule activité qui te semble accessible?
L’objectif n’est pas de te taper sur les doigts chaque fois que tu ouvres Instagram.
C’est de rendre visible un automatisme. Parce qu’une fois que tu le vois, tu peux commencer à choisir.
« Je vais juste arrêter de le prendre » n’est pas exactement un plan
Notre environnement influence énormément nos comportements.
Ton téléphone est à 15 cm de toi?
Tu n’as pratiquement aucun effort à faire pour le prendre.
Il est dans une autre pièce?
Il faut te lever, marcher jusqu’à lui et aller le chercher.
Ça paraît banal, mais ces quelques secondes créent une petite friction.
Et cette friction peut devenir l’espace nécessaire pour te demander :
« Pourquoi je vais le chercher déjà? »
Même chose avec les notifications.
Si ton téléphone vibre chaque fois que quelqu’un t’écrit, qu’un courriel entre ou qu’une application veut désespérément te rappeler son existence, ce n’est plus uniquement toi qui décides quand interagir avec lui.
Alors avant de demander encore plus de volonté à ton cerveau, tu peux modifier ce qui l’entoure.
Désactiver certaines notifications.
Mettre ton téléphone dans un tiroir pendant que tu travailles.
Le laisser dans l’entrée pendant la routine du matin.
Bref, rendre l’automatisme un peu moins automatique.
Oui, mais je fais quoi à la place?
Et voilà probablement la partie la plus difficile.
Parce que c’est facile de dire :
« Au lieu de passer 45 minutes sur TikTok, trouve-toi un loisir! »
C’est moins convaincant quand il est 21 h 12, que ta journée est dans le corps et que tu n’as absolument aucune envie d’aller courir 5 km, apprendre l’italien ou commencer la poterie.
Le téléphone gagne souvent parce qu’il est facile.
Il demande très peu d’énergie.
Si on veut le remplacer, il faut donc réfléchir à des activités qui sont réellement accessibles selon notre niveau d’énergie.
- Lire quelques pages.
- Dessiner.
- Écouter de la musique en ne faisant… rien d’autre.
- Faire des Lego.
- Appeler quelqu’un.
- S’asseoir dehors.
- Écouter volontairement une série qui nous fait rire.
Et oui, cette dernière option implique encore un écran.
Parce que le but, c’est pas de bannir tous les écrans.
C’est de passer de :
« J’me suis fait aspirer pendant 52 minutes dans un vortex sans savoir ce que je faisais »
à :
« Ce soir, j’ai envie de décrocher et je choisis d’écouter cette série. »
Petite nuance. Gros changement.
Et si on réapprenait aussi à s’ennuyer?
Il y a un autre obstacle quand on dépose notre téléphone.
Le silence. L’attente. Le fameux : « Bon… je fais quoi maintenant? »
L’ennui peut être franchement inconfortable quand une source de stimulation est accessible en trois secondes.
Pourtant, cet espace peut aussi nous permettre de redécouvrir ce qui nous intéresse.
Sophie suggère notamment de retourner voir ce qu’on aimait faire plus jeune.
Qu’est-ce que tu faisais pendant tes étés?
Qu’est-ce qui t’absorbait?
Qu’est-ce que tu aimais avant que chaque moment vide puisse être rempli par un scroll?
Ça ne veut pas dire que tu vas soudainement renouer avec ta passion de 1999 pour les bracelets brésiliens.
Mais tu peux expérimenter.
Et parfois, découvrir ce qu’on n’aime plus est aussi une information.
Pas besoin de réussir tous les jours
Il y aura probablement des journées où ton téléphone restera loin de toi pendant toute la soirée.
Et d’autres où tu vas réaliser que ça fait 40 minutes que ton pouce monte mécaniquement sur ton écran.
Ça ne veut pas dire que « ça ne fonctionne pas ».
Ton énergie change. Tes journées changent. Tes besoins changent.
Certaines périodes de ta vie peuvent aussi rendre ton téléphone beaucoup plus présent.
L’objectif n’est donc pas d’avoir une relation parfaitement optimisée avec ton cellulaire 365 jours par année.
C’est de pouvoir revenir à quelques questions :
- Qu’est-ce que je suis en train de faire?
- À quel besoin ça répond?
- Est-ce que ça me convient en ce moment?
- Est-ce que je choisis de continuer?
Parfois, la réponse sera oui. Et c’est correct. Ben correct.
Parce qu’être moins sur son téléphone n’est peut-être pas seulement une question de nombre d’heures.
C’est aussi une question de retrouver un peu plus d’intention dans la façon dont on utilise notre temps.
Et si tu aimerais retrouver un quotidien qui laisse davantage de place à ce qui compte réellement pour toi, tu peux prendre rendez-vous directement avec un.e professionnel.le de notre équipe ici Réserve une rencontre exploratoire gratuite.